Alors je ne suis pas d'accord, et j'ai fais des tests sur plusieurs jours et dans plusieurs conditions.
Pour rappel, les pack batteries sont disposés de la sorte: deux à l'arrière et un à l'avant du côté gauche. Je n'ai noté aucun soucis pour pivoter à gauche et à droite, par contre, le poids est plus important à l'arrière. Il faut savoir que ce déséquilibre influe sur l'engagement à mettre sur la pédale pour faire avancer la roue: il faut davantage lean en avant à la Kuji Roll. Autrement illustré, c'est comme si tu avais quelqu'un qui s'amuse à appuyer sur l'arrière de tes pédales et donc te freine, tu dois sur-engager pour compenser.
Je rassure, cette sensation/effort ne se ressent que dans des situations extrêmes (montés raides en off-road, longue montés sur route) où les mollets congestionnent. Voici les test:
- comparaison avec une RS HS (même moteur) : j'ai ressenti plus de pep's sur la RS, peu de latence au démarrage, c'est à dire qu'à peine sur l'engagement du corps, le moteur te pousse: une fusée en somme. En utilisation inversée de la EXN, la différence entre les deux roues s'efface.
- en pente raide (ex: sorti de parking): dans le sens d'origine, du mal à faire démarrer malgré l'engagement, et pour continuer à la faire avancer, l'engagement doit rester constant. Dans le sens inversé (feu arrière en avant), le démarrage est plus facile, la sensation de se faire porter (+110 kg).
- sur deux sorties off-road: dans le sens d'origine, un ressenti de toujours lui demander d'avancer. En inversé, c'est simple, j'avance avec elle (ou l'inverse c'est du pareil au même). Et sur la longueur, mes mollets me remercient.
Il faut bien comprendre qu'en inversant, on passe d'une situation où on vous freine à une situation où on vous aide. Et depuis, j'ai définitivement adopté la conduite inversée, en plus d'une autre raison, et non sans sacrifice.
L'autre raison est probablement en lien avec ce qu'à dit @LaurentHV ci-dessous:
Ce fameux Romain (d'ailleurs je veux bien le lien du post pour me renseigner) semble avoir eu la même expérience que moi en virage serré: les pédales plongent pour "aider" le wheeler - une assistance en somme. Hors elle est trop présente même en mode strong et c'est une vrai catastrophe. On s'y habitue pour un usage citadin. Le soucis, je l'ai davantage perçu en off-road: une pédale qui plonge diminue l'espace avec le sol. Combien de fois j'ai senti mon coin du pied toucher les feuilles ou agripper la terre. Et puis l'expérience est dégradée: imaginez, vous filez et au bout un virage. Au lieu de partir sur une courbe, on doit ralentir en ligne droite, tourner/pivoter et à ce moment gérer l'assistance d'inclinaison, puis relancer la roue. Trois phases au lieu d'une. Par chance, en marche arrière l'assistance est absente (très minime) et du coup les pédales restent en position haute.
⚠️ Face aux avantages de cette conduite inversée, il y a un coût. Le surpoids étant déplacé de l'arrière vers l'avant, le surplus de poids n'est plus dans l'alignement du corps (ou l'est moins). Et il y a ce que j'appelle un effet Sherman (parce que c'est la première roue sur laquelle j'ai eu ce ressenti), une forme de lourdeur à piloter, d'autres parlent d'inertie. En off-road, autant quand elle partait sur les côtés c'était facile de la récupérer, autant à présent il faut faire attention à ce qu'elle ne vous emporte pas.. Enfin, niveau freinage, la difficulté augmente de façon marginale, et pas plus de woobles).
En conclusion, je disais souvent que pour une grosse roue que la EXN était docile. En conduite inversée, elle ne l'est plus, néanmoins, elle gagne agrément en mode de conduite dure (peut être corrigé sur les nouvelles versions) et en couple pour les démarrages et côtés.