Tes progrès se font rapidement, et je t’en félicite.
Bientôt la délicate phase du départ cessera de te résister. Pour celle-ci en particulier, il faut prendre le temps de bien décomposer le mouvement, très lentement, en bannissant toute précipitation. le pied maître sur le cale-pied, l’autre au sol aligné parallèlement à l’autre cale-pied, et décalé (vers la gauche ou la droite, selon le pied fort) d’environ 10cm pour ne pas risquer le relever le cale-pied à la remontée du pied. Alors tout doucement, en gardant la roue bien verticale, appuyer de plus en plus fort sur le pied fort, jusqu’à ce que le poids sur le pied au sol devienne infime. À ce moment commencer à avancer en se penchant un peu en avant (bien droit) / modifiant légèrement son centre de gravité vers l’avant avec le bassin. Il devient alors facile de bien positionner, même en prenant son temps, le pied ‘faible’ sur le cale-pied. Je sais que ça doit avoir l’air facile en me lisant mais qu’en pratique c’est autre chose, et j’avais moi-même buté plusieurs semaines là-dessus. J’en étais pourtant arrivé à cette analyse après avoir regardé en boucle cette vidéo d’un américain, Sam Clegg :
Je débutais et à l’époque la fluidité des mouvements de ce type sur sa roue me fascinait. Je voulais parvenir à autant d’aisance sur roue que lui. J’avais alors passé beaucoup de temps à visionner et décortiquer sa vidéo pour comprendre ce que je devais faire pour arriver sur la voie du one foot et d’un départ soigné.
Pour ce qui est des remarques, c’est vrai qu’on en a tous eus. Et parfois des incongrues, comme ton « ça sert à quoi ? » Je m’étais rendu par la voie verte à une grande foire normande, la foire de Lessay, et tenant la MS3 au trolley, cale pieds refermés, J’ai eu droit à un « c’est quoi votre valise ? ».
Deux anecdotes toutefois.
La première c’était dans les derniers jours de décembre 2016. Cela ne faisait que quelques semaines que je faisais de la roue et je m’engage sur la voie verte à la sortie de mon petit patelin de 2500 habitants. Les gens de ma commune n’avaient pas encore l’habitude de me voir en roue comme maintenant. Une mère était avec ses deux filles à l’entrée de la voie verte. La plus grande de ses filles était juchée sur son hoverboard probablement eu à noël deux jours avant. Elle faisait quasiment du sur-place quand je suis passé en roue. À mon passage, sa mère lui a dit « arrête ça tout de suite, t’as vraiment l’air d’une c*nne là-dessus ! ». C’est sûr que par rapport à ma roue, c’était pas faux.
Pour la deuxième anecdote, il n’y a même pas eu besoin de formuler la moindre parole :
Cela s’est déroulé au printemps dernier sur la voie verte de Céret dans les Pyrénées Orientales. Après une bonne balade en Tesla, dans les derniers kilomètres je rentrais à la maison. La nuit était tombée rapidement, et l’obscurité était presque totale. J’avais à la main ma torche à 10 éléments T6, une torche dont l’éclairage n’a rien à envier à un feu de croisement de voiture. Je vois au loin des lumières blanches faiblardes. J’ai tout de suite compris que c’étaient des vélos. Une famille à vélo. Ils s'étaient arrêtés, sûrement surpris de voir arriver vers eux et sans bruit ce véhicule qui devait bien avoir un éclairage de moto. J’oriente ma torche un peu vers le bas car je me doute que le faisceau dans la tronche, ce n’est pas des plus agréable… Au moment de les croiser, lancé à environ 30km/h, afin de ne pas les éblouir, j’oriente la torche vers le haut et à droite, pour éclairer le dessous des arbres et renvoyer par réflexion une lumière tamisée qui leur permettait alors de voir et de comprendre ce que j’étais. Je passais dans un silence total, avec l’animation tournante multicolore des lumières de la Tesla, et qui plus est avec mes shoe-clips bleus sur chaque chaussure et mon flash rouge sur le sac à dos. Pas de doute, j’étais Marty mac Fly. J’ai encore gardé aujourd’hui dans l’oreille ce très long « haaannnnnnnnn » aspiré qui a été leur réaction de stupeur quand je les ai croisés. Ils n’avaient jamais vu une Tesla, c’est certain.