Mon retour sur l'excellente One Z 10 après 1500 km
Conduite / pilotage : La sensation de glisse est simplement superbe : douce, fluide, l'algo Ninebot compense bien le contrôle très surprenant et assez physique d'un pneu aussi large. Avis aux nouveaux wheelers : les difficultés de virage énoncées dans différents billets du forum ne me semblent pas exagérées : tourner à vive allure nécessite un déplacement du poids du corps à côté de la roue. Cette position du corps est peu familière au début. Heureusement, l'adaptation n'est absolument pas insurmontable et l'exercice se transforme vite en pilotage très ludique, « sportif », que beaucoup considèrent comme *la* raison essentielle de rouler en One Z.
Autonomie et vitesse : L'autonomie (60-70 Km pour mes ~68 Kg) me paraît juste correcte si je conduis « pépère », ce qui frise le contresens sur cette roue : son couple et surtout sa très grande stabilité en ligne droite incitent clairement à prendre de la vitesse et à vider les batteries. Les estimations de capacité restante sont d'ailleurs trompeuses : un gros 10 % de l'autonomie indiquée se révèle inutilisable. Enfin le freinage moteur de la One Z m'a semblé aussi médiocre, sinon plus, que celui d'autres 18 pouces, voire dangereux si vous vous laissez tenter par l'accélération.
Châssis : J'aime beaucoup sa compacité, qui contraste avec son poids (25 Kg) et la rend peu encombrante pour une roue de 18 pouces. La One Z est une "lowrider" (conduite basse), ses pédales abaissent le centre de gravité et participent à son pilotage rock'n'roll. Il me semble que la tendance est plutôt à l'élévation des pédales pour beaucoup de marques et de modèles, de ce point de vue la One Z 10 reste plutôt à part.
Utilisation : Je me sers de la One Z 10 surtout pour les randos (péri-)urbaines de ~40 km, et parfois pour aller au boulot faire jaser les collègues, qui aiment beaucoup son 'look' évidemment. Je la trouve assez bonne pour le freestyle, mais imprécise pour le tout-terrain / enduro en sentiers jonchés de grosses racines et pierres, à cause de son carénage bas et de son pneu large ; en milieux urbain les obstacles tels que les bateaux de trottoirs présentent un risque lorsqu'ils sont pris en biais.
Mania : L'engouement pour la One Z s'approche à mon avis de la « mania ». J'éprouve de plus en plus de mal à conseiller cette roue à cause de cela. La facination que ses caractéristiques exercent me semble exagérée et trompeuse : n'importe quelle autre roue, une fois bien maîtrisée, peut apporter autant de plaisir à son pilote, mais peu d'adorateurs de la One Z semblent disposés à l'admettre. L'indifférence pour les autres roues risque alors de passer au dénigrement pour les autres wheelers. Une tendance anti-fédératrice divise la « communauté » entre ceux qui parlent de leur One Z et ... les autres. Si le comportement général de ses utilisateurs vire au sectarisme, je n'hésiterai pas à me séparer de cette roue, il y a déjà aussi bien ailleurs, sinon mieux, et si je me suis déjà beaucoup amusé avec celle-ci, je peux aussi passer à autre chose.
Bref : une roue exceptionnelle et élitiste, à mon avis.