Fin janvier : séance freestyle
Cette vidéo commence à dater un peu mais elle a sa place dans mon journal…
17 février : trolley plié
Il ne m’est pas arrivé souvent souvent de perdre le contrôle de ma Gotway. Ce jour-là m’a montré à quel point la MS3 peut être fragile.
Pourtant cette petite discontinuité du chemin menant à la mer, une fois arrivé à Utah Beach, n'avait rien d'effrayant. C'était une dénivellation montante un peu inclinée d'à peu près 4cm de haut, due à une rupture de la zone bitumée sur un vieux ciment dégradé par le temps, en bordure de la dune. Quelques mètres avant cet endroit, le profil du chemin était devenu ascendant. Le genre de petit obstacle franchi à maintes et maintes reprises. Pourtant ce jour-là j'avais oublié un détail, le genre de détail à vous mettre la roue par terre, et ça n'a pas loupé. Je devais mettre mon corps en avant un peu plus qu'à l'accoutumée du fait de la pente ; toutefois je n'avais pas jugé nécessaire de repositionner mes pieds sur les cale-pieds. Au moment de franchir la discontinuité d'asphalte, genoux pliés, prêts à accompagner le mouvement en s'allégeant momentanément, la routine du franchissement, et au dernier moment la sensation de quand même devoir appuyer bien fort sur le bout des cale-pieds pour faire avancer ma lourde MS3 à une vitesse pourtant bien adaptée sur cette pente déjà bien entamée. La rupture d'asphalte m'a fait quitter la roue comme on arrive en haut d'un escalator. Elle a bloqué mon pneu et l'a surtout fait rebondir vers l'arrière et vers le haut. Trop tard. Trop tard pour saisir la poignée de la roue entre les jambes. Restée bien droite, l'inclinaison avant/arrière prise avec le rebond qui l'a décollée du sol a provoqué un rapide emballement du pneu qui lors des reprises de contact épisodiques avec le sol a fait tournoyer l'ensemble de la roue. Si elle s'était couchée, ce déchaînement de violence se serait calmé, mais non, elle est restée en parfait équilibre gauche/droite. Le tournoiement rapide de la coque a fait complètement sortir le trolley de son logement par centrifugation, trolley qui n'a pas demandé son reste pour se faire atomiser au sol, plusieurs fois de suite au gré des soleils qu'a fait la roue. La roue a fini par se coucher et se calmer, les barres du trolley pliées à 90° vers l'arrière, la poignée éclatée.
J'ai compris au moment du rebond que cette dénivellation aurait probablement passé si je n'avais pas regonflé mon pneu la veille. Je gonfle occasionnellement à 2,8 bar et surveille peu par la suite l'évolution de la pression de mon pneu. Il s'ensuit que je roule la plupart du temps entre 2 et 2,5 bars, et regonfle à 2,8 quand des bateaux qui passent d'ordinaire commence à pincer un peu la chambre à air. J'ai au final accumulé deux conditions défavorables : pente montante et pression du pneu plus élevée. S'y est ajouté une troisième condition défavorable : un trolley trop bien entretenu, bien lubrifié et qui ne demandait qu'à sortir... Bilan sans appel. ?
Début mars : vibrations MS3 et mise en oscillation
Au fil des mois, de petites vibrations associées à des grésillements se font sentir, en particulier sur des pointes de puissance à vitesse très faible ou nulle. Le premier tour de roue lors d’un démarrage crée souvent ce phénomène, et plus encore en côte. Avec le temps cette anomalie se produit de plus en plus y compris lors de fortes montées à basse vitesse. Cela me donne vraiment l’impression que ce phénomène vibratoire pourrait finir par s’auto-entretenir. D’ailleurs, après avoir enlevé un cale-pied et mis la roue en fonction, j’ai constaté que le phénomène s’amplifiait encore. Alors j’ai enlevé l’autre cale-pied et les caches latéraux, pour voir. Du fait du léger l’allègement et de la répartition des masses de la roue qui s’en trouvait modifiée, le phénomène vibratoire pouvait générer une oscillation entretenue, comme je le supposais.
J’ai retourné ma MS3 au doc d’Eroue pour une révision complète. Consolidation de la coque au niveau des fixations des blocs tenant les cale-pieds, et surtout remplacement des clavettes. Ce problème n’est maintenant plus qu’un souvenir.
Fin mars : deux nouvelles roues !
Quand j’ai vendu ma V8, j’avais bien en tête que c’était pour mieux la remplacer. Je n’avais pas encore d’idée exacte quant à celle qui aurait pu lui succéder, même si la Z10 me semblait alléchante, mais à trop faire durer le suspense, nombreux comme moi sont allés voir ailleurs… D’abord enclin à prendre une 18“ je ne voulais pas d’une roue qui fasse double emploi avec ma MS3. L’idée était aussi qu’elle puisse servir à ma fille de 10 ans. Elle a déjà piloté la MS3, mais c'est pour elle un vrai char d’assaut. Pour ce qui est de l’autonomie, 60 km est un minimum. Si les KS18 et GT16 ont un peu retenu mon attention, mon choix s’est rapidement porté sur la Tesla. Ce que j’avais déjà mûrement réfléchi, c’est que ce serait un import chinois. Mes trois premières roues étaient issues du réseau français, mais au vu des déboires que j’ai connu sur la non prise en charge en garantie, de la sensation plus que persistante d’être pris pour un pigeon, cette option-là était déjà fermement arrêtée depuis un moment. La Tesla est ma première roue commandée sur Aliexpress, et reçue au 10ème jour après la commande. Je sais pertinemment que je peux m’asseoir sur la garantie, c’est un choix, mais étant moi-même électronicien, je pourrai le cas échéant subvenir plus aisément aux réparations.
Voici pas mal de temps que j'épluche les retours des utilisateurs de la Tesla, et ce que j'ai pu en lire est bien conforme à ce que je vis au quotidien sur cette roue. Une 16 pouces dont la stabilité n'a rien à envier à une 18. Moi qui ai bien connu une autre 16 pouces, la V8, la Tesla n'a pas grand chose à voir. Au niveau des sensations que procure le pilotage sur cette roue ainsi que la précision et la stabilité de sa trajectoire, c'est un autre monde. Un petit détail (mais qui ne tient qu'à moi...) concerne les leds latérales. La V8 en est aussi pourvue bien sûr. Pourtant je ne les ai quasiment jamais utilisées tout le temps que j'ai eu cette roue. Cela a été certainement ainsi au début du fait de l'usage fréquent de la housse, mais au final j'ai toujours trouvé cela trop bling bling. L'animation led de la V8, même si elle est configurable à loisir ne met pas en valeur la rotation, l'avancement de la roue. L'animation finalement plus basique de la Tesla, qui n'est pas modifiable hormis le peu de modes proposés est au contraire toujours fonction de la rotation de la roue et mieux que ça, proportionnel à la vitesse, et cela est de nature à affecter la perception que les personnes croisées peuvent avoir de cette roue. Le rendu ainsi obtenu est à mon sens infiniment plus classieux. Sur le plan sonore, cette carte-mère a le bonheur de me laisser dans le plus grand silence jusqu'à environ 30km/h. Au delà les ultrasons produits par la conversion d'énergie commencent progressivement à se manifester. A tout prendre je finis par trouver cela bien pratique car je sais 'à l'oreille' à quelle vitesse je vais, et ces 30km/h correspondent pour moi à un mode de pilotage plutôt cool.
Eh oui j'ai parlé d'une autre roue. Ma réelle satisfaction concernant l'achat de la Tesla m'a conduit à réfléchir sur le devenir de ma MS3, qui commence à prendre de l'âge et des kilomètres. Alors tout bien pesé j'ai commandé au même endroit une nouvelle MS3 1900W, dans le but de renouveler le matériel. Les commandes chinoises sont bien plus aléatoires, car cette roue là a mis plus d'un mois à arriver, et a été livrée juste après mon départ en vacances... Finalement, je n'ai pu ouvrir le carton que plus de deux mois après ma commande ! En plus, ironie du sort, une petite semaine après ma commande, Gotway annonçait la MSX ! ?
23 mai : stressantes rencontres...
Je suis toujours très prudent avec les chiens, et les quelques réminiscences d'attaques de chiens alors que je n'étais qu'un gamin à vélo doivent sûrement y être pour quelque chose.
Toujours est-il que ceux-là me barraient la route. J'étais sur une voie verte à deux pas du col du Perthus, et m'approchais d'une habitation. Trois chiens sur ma route, devant leur maison et bien sûr pas l'ombre d'une clôture. Ces chiens-là avaient tout lieu de se croire chez eux... Le concert a commencé par une sorte de colley qui a bien réussi à ameuter les deux autres, un grand braque bringé et sa copie conforme en miniature qui devait être son rejeton. Le colley est resté à bonne distance, de même que le petit, trop trouillard pour se joindre à la fête, mais suffisamment présents pour exciter le grand clebs. Impossible d’espérer passer en force, à toute vitesse, cela aurait été du suicide. Faire demi-tour, et contourner, avec la cartographie du coin que j’avais n’était pas une option envisageable. De toute façon le temps de stopper la MS3 ils étaient déjà sur moi. La seule solution que j’ai trouvé a été de m’arrêter et poser un pied à terre, sans paraître agressif. Cela a vaguement marché puisque le braque est d’abord rapidement venu me flairer sans vraie marque d’agressivité, mais après avoir commencé à s’éloigner, il est revenu. Cette fois, d’un coup très rapide, il a emporté un bout de mon bermuda. J'ai juste senti un croc effleurer ma peau. Peu après la propriétaire est apparue, faisant mine d’être catastrophée… Je l’étais plus qu’elle, et bien évidemment mon pantalon est de ma poche… ?
Quelques jours après c’est un autre type de rencontre que j’ai fait à quelques kilomètres de là sur une petite route de montagne des Pyrénées Orientales. J’étais en Tesla sur une bonne montée depuis quelques kilomètres, avec un ravin à pic à ma droite, la route sans parapet étant taillée dans la montagne. Je vois surgir du ravin à une vingtaine de mètres devant moi un mouflon avec ses cornes enroulées. Dans mon coin de Normandie je suis plus habitué à voir des vaches… Il ne m’avait pas vu ni entendu venir car une fois sur la route il a été aussi surpris que moi. Difficile de décrire mon émotion lorsqu’il a commencé à débouler pile droit vers moi. Je suis bien incapable de vous dire pourquoi je ne me suis même pas arrêté. Peut-être l’instinct de survie, car avec l’analyse à postériori des faits l’arrêt aurait pu m’être fatal car interprété par l’animal comme un signe de peur. Comme je continuai sur ma lancée, le mouflon a dévié de sa course afin de me croiser à 3-4 mètres, sur ma gauche du côté du mur rocheux… Finalement c’est lui qui a dû avoir le plus peur ! ? Environ une heure après, à la tombée de la nuit, je devais repasser par là, car je le savais c’était la seule route qui menait là où j’allais. Je ne craignais pas de croiser à nouveau l’animal, il y avait statistiquement bien peu de chance qu’il campe durablement sur la route, mais j’avais l’oeil quand même. Et non loin de l’endroit en question, que je n’était pas si sûr de bien localiser d’ailleurs, j’aperçois dans l’obscurité naissante sur le bas côté de la route qui longeait le précipice un inoffensif marcassin, tout recroquevillé sur lui-même. Dans la seconde, j’ai perçu un léger bruissement à ma droite, vers la falaise rocheuse. Je crois que sur le kilomètre qui a suivi j’ai dû pulvériser mon record de vitesse en roue. La mère de la sympathique bestiole a dû trouver que ça ne valait pas le coup de courser une Tesla… Il y a des jours comme ça où l'on regrette de ne pas avoir pris sa GoPro…
3 juin : petite visite dans les orties
La plupart du temps, les crevaisons laissent le temps de s’apercevoir qu’il y a quelque chose qui cloche. J’avais pris livraison de ma nouvelle MS3 1900W commandée deux mois auparavant, mais je n’étais pas à quelques heures près pour la tester. Comme maintenant pour chaque Gotway, je change dès réception le bouton marche/arrêt pour un modèle lumineux, ainsi que la filerie de charge pour autoriser une charge à 6A. Ma toute nouvelle MS3 était donc en maintenance, et j’avais donc pris ma « vieille » MS3 1500W pour une balade. J’étais parti pour faire environ 90 km et j’avais donc chargé à fond. Après quelques kilomètres, lancé à bonne allure (probablement au moins 25 km/h) je sens comme un flottement bizarre, une imprécision dans le cap. Je décélère un peu puis la situation redevient normale. J’en déduis que la chaussée en était la cause, bien que je n’avais rien vu de particulier. Je reprend alors ma vitesse de croisière et d’un coup, ou plutôt en l’espace de 7-8 secondes, la roue devient totalement incontrôlable. Je comprends alors, trop tard, ce qui m’arrive. Je tente jusqu’au dernier moment de décélérer un maximum et surtout de rester sur la roue. Garder le cap était devenu mission impossible et j’ai traversé le côté gauche de la petite route. Plus d’autre choix que de s’éjecter tant bien que mal. C’est toujours au moment où l’on veut quitter la roue que l’on retombe dessus : pile poil à plat ventre, et le reste dans les orties. Aie ! Tout ça pour un petit morceau triangulaire d’ardoise d’à peine 5mm. Je n’avais pas encore l’expérience d’une crevaison instantanée en roue. Voilà c’est fait !
17 juin : Mise en service de ma nouvelle MS3 1900W
Après avoir remplacé le bouton marche/arrêt, changé les fils de charge, je fais une petite sortie pour voir si tout va bien, et prendre en pieds cette nouvelle roue. Gotway a apporté des modifications en terme de réactivité, par rapport à la génération de CM de juin 2017 qui équipe ma 1500W. Beaucoup plus réactive, elle n’a pas ce petit laps de temps mort lorsqu’on la sollicite énergiquement. Sans surprise aussi, le problème de ‘roue casse-gueule au démarrage’ dont j’ai déjà parlé précédemment est bien éradiqué. Cette version de la carte-mère me surprend surtout par son silence. Les cartes mères de MS3 que je connais à ce jour (ma première CM 1500W cramée de 02/2017, sa remplaçante 1500W de 06/2017, et celle de @Bloxan 1600W de 01/2017) sifflent toutes en ultrasons, y compris à l’arrêt. Celle-là non. Même en la sollicitant devant un mur qui me renvoie le son je ne l’entends pas véritablement. Quel bonheur !
Je ne fais que quelques km lors de la première sortie avec une roue, car je m’attends toujours à un problème. Suis-je parano ? Retour à la maison après 8,6km. Deux heures après je regarde ma roue. Pneu à plat. Absolument rien de visible. Démontage ; extraction de la chambre à air. Une belle empreinte, comme celle qu’aurait laissé un gland a marqué la chambre à air. Il y a des écureuils dans les ateliers de Gotway ? En passant ma main dans le pneu, je récupère… un bouchon de valve ! Pas de doute, c’est bien de la qualité de fabrication Gotway. Ils sont vraiment sympas ces chinois, ils vous livrent même des pièces en plus ! ??? Je vous laisse vous demander ce qu’aurait fait/dit un revendeur français qui aurait vendu cette même roue à un client qui la lui aurait ramenée crevée après moins de 10km. Ne me donnez pas la réponse, c’est inutile.
Fin juin : 10000 bornes en roue ?
Après un an et demi, sur 4 roues, S2, V8, MS3 et Tesla, mais le kilométrage ne peut être qu’une estimation à plus ou moins 200km près. La carte-mère de la S2 avait été changée à 160km, à quelques km près, j’avais regardé peu de temps avant. En revanche, quand celle de la MS3 a cramé, mon kilométrage sur cette roue était bien supérieur à 1500km mais j’ignore de combien exactement, je ne peux faire qu’une estimation. C’est tout le problème de nos roues dont la carte-mère, organe très susceptible de tomber en panne sert aussi d’odomètre. Ce n’est pas demain que les constructeurs de roue prévoiront un odomètre physiquement indépendant. Dommage. Depuis ces pannes de CM, je relève périodiquement les compteurs de toutes mes roues.